L'église

Notre-Dame de l'Assomption conserve des traces médiévales mais son volume actuel date des XVIe et XVIIe siècles. L'accès se fait par l'ouest, la tour-clocher abritant un porche, surmonté de trois pièces dont l'une servait aux assemblées municipales ou « biltzar » de l'Ancien régime et les autres contiennent les mécanismes de l'horloge et des cloches. Au nord se trouvent un escalier extérieur latéral qui dessert le premier étage des galeries intérieures et une petite porte spéciale dite des « cagots » (population du sud de la France et du nord de l'Espagne longtemps marginalisée dont les historiens s'interrogent sur l'origine : lépreux? gitans sédentarisés? réfugiés cathares?). A l'angle Nord-Ouest est érigée une croix de pierre de 1805; un petit jardin dallé et planté entoure l'édifice et conduit au cimetière paroissial qui se prolonge au-delà de la route par un cimetière partiellement paysager où est enterré Jacques Chaban-Delmas (1915-2000) qui a vécu à Ascain pendant de longues années; deux stèles rappellent la mémoire des enfants du pays, Pierre Larzabal et Roger Idiart (prêtres et écrivains en langue basque).

La nef est flanquée de trois étages de tribunes en chêne, la première étant pourvue au fond d'un balcon en porte-à- faux réservé aux jurats (d'où son nom goguenard d' « astoteia », le lieu des ânes) et sur le côté nord d'une chaire en noyer de 1731, avec des motifs de guirlandes et de têtes d'Indiens coiffés de plumes. Surélevé au-dessus de la sacristie, le choeur est fermé par un retable en bois doré baroque à trois registres encadré par deux autels latéraux richement décorés. Les plafonds du choeur et de l'avant-choeur en bois peint en trompe-l'oeil donnent l'illusion d'un assemblage de caissons octogonaux et à losanges. En milieu de nef, un ex-voto du XIXe siècle, la maquette d'un 3 mâts, évoque l'activité de construction navale passée du village et sa communauté de marins-pêcheurs. L'orgue date de 1987. Plusieurs statues en bois polychrome des XVIIe et XVIIIe siècles sont inscrites à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques de 1972.

 

Le centre-bourg

De taille modeste, comme partout au Pays basque, le centre-bourg se limitait jusqu'à la fin du XIXe siècle aux quelques ruelles adjacentes à l'Eglise et au fronton de pelote : il présente toujours certains beaux spécimens de l'architecture labourdine, caractérisée par un toit à deux pentes recouvert de tuiles, des colombages en bois peint, des linteaux sculptés et quelques maisons de pierre comme Indianoa (qui abrite aujourd'hui la Mairie, « Herriko Etxea ») ou Jauregia (actuelle maison des associations). Dans les quartiers, les anciennes fermes relèvent du même style ou de sa variante navarraise: généralement sans communs puisqu'elles abritaient familles, bêtes et greniers, avec une façade principale à l'est et un mur-pignon aveugle pour se protéger des vents d'ouest. Au début du XXe siècle, le néo-basque ( qui reprend certains traits de l'architecture traditionnelle en les détournant de leurs fonctions) fait son apparition à Ascain, notamment pour loger les touristes : hôtel Etchola, hôtel Basque, etc.

 

Les frontons et trinquets

Plusieurs frontons et trinquets sont dédiés à la pratique des différentes spécialités de jeux de pelote basque, toujours vivace dans un village qui a été et continue à être le berceau de nombreux champions. Ascain se dispute avec Saint-Pée-sur-Nivelle l'invention de la « chistera » ; la dernière entreprise artisanale de fabrication de pelotes est située sur la commune réputée jadis pour son fabricant de chisteras. Le fronton de la place édifié en 1863, a été rénové en 1932, année de construction du fronton Chourio. Le trinquet Laduche date de 1959 et le complexe sportif de Kiroleta (198?) abrite un mur à gauche et un fronton.

 

Les lavoirs

Les quelques lavoirs qui ont été restaurés participent à l'identité physique et culturelle du paysage d'Ascain où le bruit de l'eau demeure alors que se sont tues les rumeurs des lavandières jadis si importantes pour la vie des quartiers et des maisons. Les sites des lavoirs étaient plus ou moins construits, certains étant à ciel ouvert en amont d'une simple retenue sur le cours du ruisseau. Il existait des baquets à deux places (dos à dos) comme aux lavoirs Ibarburu et Arraiko errota. Des ensembles plus complexes regroupaient la source, l'abreuvoir et le lavoir comme à Putxua, cet ordre répondant à une nécessité d'hygiène élémentaire. Entre 19?? et 19??, les lavandières d'Ascain se transformèrent en ouvrières de l'établissement des Blanchisseries de la Nivelle dont subsiste la cheminée face au complexe sportif de Kiroleta.

 

Les moulins

Le réseau de ruisseaux qui traverse Ascain, au débit souvent fougueux et abondant, a favorisé l'établissement de nombreux moulins à eau (« errota ») sur la commune : à grain, à tabac ou actionnant un martinet de forge. La dizaine de moulins qui subsistent ont été transformés en habitations.

 

Le pont romain

Ce pont qui daterait en réalité du Ve siècle permettait aux pèlerins de Compostelle en provenance de Serres par les hauts de Monségur de franchir La Nivelle en direction de Bera de Bidasoa. Constitué par trois arches de taille inégale, il est inscrit Monument historique depuis 1925. Sur la pile centrale une pierre sculptée, visible à marée basse, sert de témoin à la hauteur de l'eau : le pont a été reconstruit après les crues et inondations de 1983 et 1994 qui l'avaient gravement endommagé.

 

Erroen etxea (la maison du fou)

Cette architecture excentrique, dans le style « pueblo » mexicain, classée Monument historique en 2000, a été construite dans les années 1930, avec l'aide de maçons locaux, par Ferdinand Earle, décorateur de cinéma originaire des Etats-Unis d'Amérique qui y reçut des personnalités du spectacle et des arts : Le Corbusier, Charlie Chaplin, Joséphine Baker, etc.

 

Les vestiges préhistoriques

Les 9 cromlechs de Aïra Harri (Monument historique depuis 1956), les monolithes d'Athekalegun et de Gastainbakar, les dolmens d'Altsan témoignent des rites funéraires de la Préhistoire.

 

Les ouvrages militaires

La redoute de Biskarzun (185m) et celle d'Esnaur (273m) qui commande l'accès au col de Saint-Ignace font partie de l'ensemble des fortifications du massif de La Rhune conçu par le maréchal Soult. Elles ont été classées Monuments historiques en 1992.